Guide · Mesurer et décider
La Search Console, et comment lire ce qu'elle dit
C'est la seule source qui décrive votre site vu par Google. Elle est gratuite, exhaustive sur seize mois, et pleine de pièges de lecture.
La Search Console est l'outil que Google met à disposition des propriétaires de sites. Elle donne des données que personne d'autre n'a : ce que Google a exploré, indexé, affiché, et ce sur quoi il l'a affiché.
Le rapport de performances
Quatre indicateurs, et trois d'entre eux se lisent mal.
Les impressions comptent les affichages dans une page de résultats consultée. Une page affichée en position 80 sur une requête que personne ne fait défiler compte quand même une impression.
Les clics sont fiables, et c'est le seul indicateur qui l'est vraiment.
Le taux de clic est le rapport des deux. Il n'a de sens qu'à position comparable : un taux qui baisse alors que la position ne bouge pas signale un changement d'affichage, pas une perte de qualité.
La position moyenne est l'indicateur le plus trompeur de l'outil. C'est une moyenne pondérée par les impressions, calculée sur toutes les requêtes, tous les pays, tous les appareils. Une page première en France et trentième ailleurs affiche une position moyenne qui ne correspond à aucune réalité observable. Elle ne sert qu'à comparer une même page à elle-même, à périmètre strictement identique.
Les filtres qui changent tout
Le même rapport donne des conclusions opposées selon les filtres.
Filtrez par pays. Les données mondiales masquent tout.
Filtrez par type d'appareil. Les comportements diffèrent assez pour inverser une tendance.
Filtrez par page, puis par requête. Une baisse de trafic global vient presque toujours de quelques pages, pas du site entier.
Comparez des périodes de même longueur et de même nature. Comparer un mois de juillet à un mois de septembre ne mesure que la saison.
Le rapport d'indexation
Il classe toutes les URL connues en deux ensembles, indexées et non indexées, avec un motif pour chacune.
C'est le rapport le plus utile de l'outil, et le moins consulté. Une masse d'URL partageant le même motif signale un problème de gabarit, pas une série d'accidents.
Segmenter les plans de site par type de contenu, comme expliqué dans le chapitre sur le plan du site, permet de lire ce rapport par segment et de localiser immédiatement un décrochage.
L'inspection d'URL
Elle donne l'état réel d'une page : indexée ou non, date de dernière exploration, canonique déclarée et canonique retenue, HTML rendu après exécution des scripts.
C'est la seule source fiable sur une page précise. La commande site : tapée dans le moteur ne vaut rien comme diagnostic.
La demande d'indexation est disponible, avec un quota quotidien. Elle accélère la prise en compte d'une correction ; elle ne force pas l'indexation d'une page que le moteur a écartée pour sa qualité.
Les autres rapports
Expérience sur la page donne les Core Web Vitals mesurés chez de vrais utilisateurs, par groupe d'URL. Les données portent sur 28 jours glissants : une correction met un mois à se voir.
Résultats enrichis liste les erreurs de balisage par type.
Liens donne les domaines référents et les pages les plus liées, avec un échantillon limité mais fiable.
Actions manuelles doit être vide. Si elle ne l'est pas, c'est la première chose à traiter, comme expliqué dans le chapitre sur ce que Google sanctionne.
Les limites qu'il faut connaître
L'historique s'arrête à seize mois. Sans export mensuel, la comparaison annuelle devient impossible, et l'outil ne prévient pas.
Les données sont échantillonnées et anonymisées : les requêtes trop rares sont retirées, ce qui explique l'écart entre le total affiché et la somme des lignes.
Les rapports connaissent des incidents, y compris des données manquantes sur des périodes entières. Un trou dans une courbe n'est pas toujours un trou dans l'index.
Enfin, elle ne voit que Google. Bing propose son propre outil, utile parce que son index alimente plusieurs assistants.