Guide · La technique
Architecture du site et maillage interne
Le maillage interne est le seul levier de popularité entièrement sous votre contrôle. C'est aussi celui que la plupart des refontes détruisent sans s'en apercevoir.
L'architecture décrit la façon dont les pages d'un site s'organisent et se relient. Elle détermine ce qu'un moteur atteint, ce qu'il comprend de l'importance relative des pages, et ce qu'un visiteur trouve.
La profondeur, le critère qui prédit le mieux
La profondeur d'une page se compte en clics depuis l'accueil. Sur les sites que nous auditons, c'est le critère qui prédit le mieux l'indexation, devant le nombre de mots, la fraîcheur ou la qualité du texte.
Une page à un ou deux clics est presque toujours indexée. Une page à cinq clics ou plus l'est rarement, et souvent avec retard.
La règle pratique : rien d'important au-delà de trois clics. Sur un catalogue de dix mille produits, cela suppose des catégories bien découpées, une pagination maîtrisée et des passerelles transversales.
Les liens internes, et ce qu'ils transmettent
Un lien interne transmet trois choses.
De l'accessibilité. Une page sans lien entrant interne n'est atteignable que par le plan du site, ce qui est un signal faible.
De l'importance relative. Une page qui reçoit beaucoup de liens depuis le site est perçue comme centrale. C'est la version interne du raisonnement appliqué aux liens externes.
Du contexte. Le texte du lien décrit la page visée. C'est le seul endroit où vous écrivez vous-même ce qu'une autre page raconte.
Écrire une ancre qui sert
Une ancre descriptive : « la méthode d'analyse de logs » plutôt que « cliquez ici » ou « en savoir plus ».
Variée : répéter exactement la même ancre sur cent liens internes est un schéma reconnu et dévalué. Formuler naturellement produit de la variation sans y penser.
Honnête : l'ancre annonce ce qu'on trouve. Un lien qui promet un tarif et mène à un formulaire déçoit le visiteur, ce qui finit par se voir.
Où placer les liens
Un lien dans le corps du texte, entouré de phrases qui parlent du même sujet, pèse beaucoup plus qu'un lien dans un menu ou un pied de page répété sur toutes les pages. Le moteur distingue les deux sans difficulté.
C'est la raison pour laquelle ajouter trente entrées au pied de page ne change rien, alors que dix liens contextuels bien placés déplacent des positions.
Les trois structures qui fonctionnent
L'arborescence classique. Accueil, catégories, sous-catégories, pages. Lisible, robuste, adaptée au commerce et aux sites de services.
Le regroupement par sujet. Une page principale qui traite un sujet en largeur, des pages satellites qui traitent chaque aspect, et des liens dans les deux sens. Adapté à l'éditorial, et c'est exactement la structure de ce guide.
Le mixte. Une arborescence pour naviguer, des regroupements par sujet pour relier ce que l'arborescence sépare. C'est ce qui marche sur la plupart des sites établis.
Les erreurs qui coûtent
La navigation par menu déroulant uniquement. Si le seul chemin vers une page passe par un menu généré en JavaScript, le moteur peut ne pas le suivre. Le chapitre sur le rendu JavaScript détaille les cas.
La pagination sans fin. Un fil d'actualité qui charge à l'infini au défilement, sans URL paginées, rend tout ce qui est ancien inaccessible.
Les pages orphelines. Des pages publiées, présentes dans le plan du site, et vers lesquelles aucun lien interne ne pointe. C'est très fréquent sur les sites anciens, et un crawler les liste en une passe.
La refonte qui casse tout. Une nouvelle navigation plus épurée retire souvent des liens internes sans que personne ne le remarque, jusqu'à la chute de trafic trois mois plus tard.
Mesurer
Un crawler donne la profondeur de chaque page, le nombre de liens internes entrants, et la liste des orphelines. Trois colonnes suffisent à décider.
Croisez ensuite avec les pages qui rapportent : une page qui convertit et reçoit trois liens internes mérite d'en recevoir vingt. C'est l'intervention la moins coûteuse et la plus rapide de tout le référencement.