Guide · La technique
Le mobile, et ce que le moteur voit vraiment
Ce qui n'est pas dans votre version mobile n'existe pas pour le moteur. La phrase paraît excessive, elle est littérale.
Google indexe la version mobile des pages depuis l'achèvement de sa bascule. Il n'existe plus d'index de bureau distinct pour la quasi-totalité des sites.
Ce que cela implique vraiment
La version mobile n'est pas une variante dégradée : c'est la référence. Trois conséquences, dans l'ordre de gravité.
Le contenu absent du mobile n'est pas indexé. Un bloc masqué à la découpe responsive, une section supprimée « pour alléger », une table de données remplacée par une image : le moteur ne les voit pas.
Les liens absents du mobile ne transmettent rien. Une navigation réduite sur petit écran supprime des chemins d'accès, avec les effets décrits dans le chapitre sur le maillage interne.
Le balisage structuré doit être présent des deux côtés. Une déclaration présente uniquement sur le bureau est ignorée.
Ce qui n'est pas un problème
Le contenu replié derrière un accordéon ou un onglet est indexé normalement, à condition d'être présent dans le code servi et non chargé après un clic. Google l'a confirmé à plusieurs reprises, et c'est une bonne pratique d'ergonomie sur petit écran.
Une version mobile légèrement différente en mise en page ne pose pas de difficulté. Ce qui pose difficulté, c'est une différence de contenu.
Les erreurs qu'on voit encore
Le site mobile séparé. Un sous-domaine dédié avec un contenu réduit. Cette architecture demande des déclarations croisées que personne ne maintient, et se dégrade toujours.
Les images non adaptées. Une image de 2 000 pixels de large servie à un écran de 400 alourdit le chargement sans bénéfice, avec l'effet décrit dans le chapitre sur les Core Web Vitals.
Les interstitiels intrusifs. Un panneau qui couvre le contenu dès l'arrivée. Les bandeaux légalement obligatoires ne sont pas concernés, les promotions plein écran le sont.
Les zones cliquables trop rapprochées. Un problème d'usage avant d'être un problème de référencement, mais il finit par se voir dans les comportements.
Vérifier, en trois gestes
Ouvrez la page sur un vrai téléphone, pas seulement dans le simulateur du navigateur. Les conditions de réseau et de puissance changent le résultat.
Comparez le texte des deux versions. Copiez le contenu affiché en mobile et en bureau dans deux fichiers, et comparez-les. Toute différence doit être volontaire et documentée.
Utilisez l'inspection d'URL de la Search Console pour voir le code HTML réellement récupéré et le rendu obtenu par le moteur. C'est la seule vue qui corresponde à ce qu'il a vu.
Le cas des tableaux et des données
Un tableau large est illisible sur petit écran, et beaucoup de sites le remplacent par une image. C'est la pire des solutions : le contenu disparaît de l'index.
La bonne réponse est un tableau HTML dans un conteneur à défilement horizontal. Le contenu reste du texte, il est indexé, et il reste consultable au doigt.