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OpenAI a construit son propre index de recherche, et ça se voit

Le témoignage de Nick Turley au procès antitrust de Google a confirmé ce que les relevés d'exploration laissaient deviner : ChatGPT interroge désormais un index maison, appelé Labrador, et non plus seulement les résultats d'un moteur tiers.

Symbole d'OpenAI en métal sur le mur d'un hall d'entrée

Le témoignage de Nick Turley, responsable de ChatGPT chez OpenAI, au procès antitrust visant Google, a confirmé l'existence d'un index de recherche maison. Il porte un nom, Labrador, et une architecture que le procès a mise au jour.

Ce que couvre Labrador

Labrador n'est pas un index unique mais une famille d'index spécialisés. Douze familles sont identifiées : web général, PDF, YouTube, actualité, arXiv, Wikipédia, local, finance, juridique, médical, shopping et images.

Certains verticaux sont eux-mêmes découpés. L'actualité comporte trois niveaux, selon que le contenu date du dernier jour, des sept derniers jours ou d'avant. La finance dispose d'un sous-index dédié aux documents PDF. Cette granularité ressemble beaucoup à ce que fait un moteur classique, ce qui n'a rien d'un hasard.

Ingénieur en salle serveur, ordinateur ouvert sur une liste de catégories indexées
Douze familles d'index plutôt qu'un index unique : l'actualité, la finance, le médical ou le shopping sont indexés séparément, avec leurs propres règles de fraîcheur.

Le calendrier, et l'écart avec les ambitions

OpenAI a commencé à bâtir cet index en 2023, avec l'objectif de répondre à 80 % des requêtes par ses propres moyens avant la fin de la même année. L'objectif n'a pas été tenu. Turley a reconnu qu'il faudrait au moins cinq ans pour savoir si une indépendance complète est atteignable.

En août 2026, ChatGPT testait encore son index contre des résultats récupérés ailleurs, par des tests A/B portant sur 8 à 20 % du trafic shopping. Autrement dit, la bascule est engagée mais loin d'être terminée.

Bing n'a pas disparu, il a changé de forme

Microsoft alimente toujours ChatGPT, mais par une plateforme appelée Web IQ, distincte de Bing, avec une latence annoncée sous 165 millisecondes au 95e centile. À cela s'ajoutent au moins huit sources externes, parmi lesquelles Bright, Oxylabs, Yelp et TripAdvisor.

La conséquence pratique est nette : être bien indexé dans Bing reste utile, mais ce n'est plus la seule porte d'entrée. Notre analyse sur pourquoi optimiser pour Bing quand il pèse 10 % du marché reste valable, elle devient simplement insuffisante à elle seule.

Ce qu'un éditeur français doit en tirer

Trois chantiers concrets sortent de ce dossier.

Le shopping se vérifie directement dans ChatGPT, pas par procuration. Si vous vendez en ligne, tapez vos requêtes produit dans l'assistant et regardez quelles enseignes sortent. L'index shopping a sa propre logique, décorrélée de vos positions Google.

Le local passe par des tiers. Yelp et TripAdvisor pèsent dans les réponses locales d'OpenAI. Une fiche incomplète sur ces plateformes coûte une visibilité que votre site ne compensera pas.

L'accès des robots se contrôle finement. OAI-SearchBot alimente la recherche, GPTBot alimente l'entraînement, et les confondre coûte cher. Nous détaillons les différences dans la liste des robots d'IA et ce que chacun fait.

Ce que cela dit du rapport de force

Un assistant qui possède son index cesse de dépendre du bon vouloir d'un moteur pour exister. Il devient aussi responsable de ce qu'il voit du web, donc de ce qu'il ne voit pas. Pour un éditeur, cela signifie une deuxième infrastructure à surveiller, avec ses propres règles d'exploration, sa propre fraîcheur et ses propres angles morts.

Sources

  • Abondance, ChatGPT a construit son propre index de recherche, 8 septembre 2026
  • Témoignage de Nick Turley, procès antitrust United States v. Google, septembre 2026
Yannis

Yannis

Yannis suit le GEO pour aifluence : robots des moteurs de réponse, extraction, mesure de la citation.

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